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Voici No. 822 / HEBDOMADAIRE DU 11 AU 17 AOUT 2003

Mylène Farmer

Elle a osé prendre le soleil !



On croyait qu'elle ne prenait jamais de vacances. Ou alors si, toute seule dans le noir. Surprise ! Cette année, la star a osé la plage.

Mylène Farmer

Le soleil,

Son nouvel ami


Un séjour à la mer, quand on n'a pas l'habitude, c'est pas facile, facile. Mais la chanteuse apprend vite.

Chaque année qui passe nous le rappelle : la vie est courte, bien trop courte. Alors, avant qu'il ne soit trop tard, avant que seuls les regrets subsistent, il faut prendre le temps de vivre. Et tout tester. Parachute ascensionnel ou trekking dans l'Himalaya, qu'importe, du moment qu'on ose. Cette vision de l'existence, Mylène a choisi de l'adopter. A 42 ans, pleine d'une audace insoupçonnée, elle a sauté le pas. Elle qu'on imaginait terrée dans un univers de ténèbres a osé la plage. La démarche hésitante, sous un soleil de plomb, Mylène a découvert cet espace inconnu tout en bateaux pneumatiques et en sable qui colle aux pieds. Un peu effrayée, telle une chauve-souris sortant de sa grotte, elle a d'abord eu du mal a prendre ses marques. Serviette nouée autour de la tête, crème solaire indice 212 pour préserver son teint diaphane, elle suffoquait. Mais, soutenue par deux amies, elle a tenu bon. Bien sûr, elle ne se sentait pas encore assez forte pour poser un pied dans cette étrange étendue bleue, mais tout de même, quel courage !

Ce soir, vers 23 heures, Mylène découvrira avec bonheur un autre copain : le tube de Biafine.

Comme c'est étrange... Cette créature poilue semble vouloir lui dire quelque chose.

Mylène commence à faire le lien. Visiblement, la créature en veut à son bâton.

Ça y est, elle a compris ! Espérons que le chien aussi.

Suggestion à Mylène : pour se protéger la tête du soleil, le magazine «Voici» fait aussi très bien l'affaire.

Elle avait l'air tellement contente avec sa rame. Ses copines n'ont pas osé lui dire que c'était un bateau à moteur...


Comme une enfant timide sortant enfin de sa coquille

Et puis, soudain, un chien s'est mis a lui courir après. Instinctivement, Mylène s'est saisi d'un bâton et... Mais oui, c'est ça ! Il suffit de lui lancer, et il le rapporte ! Ivre de bonheur après cette improbable réussite, la rousse sulfureuse a senti qu'elle pouvait aller encore plus loin. Comme une enfant timide sortant enfin de sa coquille, elle a abandonné sa serviette pour affronter les embruns, cheveux au vent. Une pagaie dans la main, elle s'est même essayé au canot. Et sans gilet de sauvetage, s'il vous plaît !

Tant de courage ne peut que forcer le respect. Elle, si fragile, si secrète, a su se faire violence. sur une plage corse, à mille lieues de sa mélancolie légendaire, elle a osé vivre, s'ouvrir au monde. Pour cela, Mylène, et pour le reste aussi, merci. Et encore bravo.

JOHN HORSEMAN




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