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Télé Poche No. 1857 (15-21 sep. 2001)
La planète Farmer
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En moins de quinze ans, Mylène Farmer est devenue la championne des chanteuses françaises toutes catégories. Non contente de produire le Mylenium Tour, l'un des plus grands shows jamais montés dans l'Hexagone, elle fait, aujourd'hui, l'objet d'un véritable culte. Paradoxalement, ce sont ses fans qui nourissent et entretiennent le mythe, la plupart du temps avec leurs propres deniers.
«Seule, abondonnée, prise à son propre piège, désenchantée !» Si d'aventure, Mylène Farmer a lu certains articles, parus au printemps - hypothèse moins que probable - gageons qu'elle aura fait mentir sa légende en esquissant un large sourire. Après une année glorieuse mais ô combien épuisante (de Paris-Bercy à Moscou, les ventes record du DVD de son spectacle...), la créatrice d'«Anamorphosée» a regagné les cieux de la Californie pour une retraite de plusieurs mois.
Des fans au service de leur idole
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Depuis 1994, année marquante du seul échec de sa carrière (sa prestation d'actrice dans le film de son pygmalion Laurent Boutonnat, «Giorgino»), c'est à Los Angeles, qu'elle semble avoir trouvé équilibre, calme et sérénité. C'est aussi depuis cette date fatidique qu'elle a décidé de ne plus accorder que de rares interviews. Cette stratégie du silence qui fut préjudiciable à des artistes comme Renaud ou Michel Jonasz, n'a en rien altéré son statut d'idole. Au contraire, ce silence a contribué à entretenir le mystère et la légende qui auréolent Mylène Farmer. Las de cette attitude, Jean-Rémy Gaudin-Bridet, admirateur de la première heure et cofondateur, en 1992, du magazine «Mylène Farmer international fan-club», décide, au début de l'année, d'accorder une interview à «Mister Biz», le magazine de M6 pour dénoncer cette attitude. Fort d'un fichier de 8000 abonnés, le concepteur et réalisateur de ce trimestriel, se permet, au passage, d'égratigner l'idole de sa génération en exposant ses griefs : le prix des photos - rares mais indispensables à la réalisation de son journal - connaît une inflation galopante et sa revue (ni subventionnée, ni cautionnée) permet à l'artiste de négliger toute promotion. Déçu, Jean-Rémy, celui par qui le «scandale» est arrivé, ne souhaite plus s'exprimer. On peut comprendre ses réticences. Toutefois, il a souhaité mettre les choses au point : «Mylène Farmer est une grande artiste, mais il existe un décalage regrettable entre le personnage et la productrice. Elle est née de ce paradoxe entre blanc et noir, force et fragilité. Depuis qu'elle vole de ses propres ailes, Mylène a peut-être oublié que certains personnes vivent pour elle et par elle. Se saignent. Ou se sacrifient pour en faire rêver d'autres.» Cofondateur avec Michael Mouilleron du «MFifc», il a assuré, neuf années durant, la réalisation d'un luxueux magazine. Bref, les fans qui uvrent ainsi pour la postérité de leur égérie ne récoltent qu'un mutisme qui confère au mépris. C'est en substance ce que retiendront les gazettes en mal de sensation. Celles-ci prennent soin de monter en épingle et, au passage, de déformer les propos de Jean-Rémy. D'autres relayent l'information en mettant tous les fans dans le même sac : «La révolte des fans» ou «Le point de non retour», lit-on ici ou là. Pourtant, de fervents admirateurs poursuivent leur chimère en cultivant, à leur manière, le culte Farmer. Lui tiennent-ils rigueur de ce silence et de cette feinte indifférence ?
Un hommage au talent et au charisme
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Directeur de la publication du «Mylène Farmer magazine», Olivier Chalumeau n'est ni un collectionneur acharné ni un fan hystérique. Par son magazine, il a trouvé le moyen de nourrir sa passion. «Personnellement, je ne me plains pas. La production me laisse libre de faire ce que je veux à condition que nous achetions les photos avalisées par Mylène. Bien sûr, elle sont rares et chères, mais les règles étaient clairement définies dès le départ. S'il n'existe aucune rupture entre Mylène et nous, nous n'obtenons rien de moins, rien de plus.» Créateurs du magazine «L'Instant mag» (clin d'il au tube «L'instant X»), Caroline Bee et Jean-François Kowalski s'autorisent le droit de critiquer leur muse. Tantôt tendres ou agressifs, ils invitent leurs lecteurs à réagir. «Absente des médias et refusant tout contact avec ses fans en dehors de ses concerts, Mylène est la seule artiste en France à avoir un public aussi fidèle, argumente Caroline, la rédactrice en chef. Ce culte est savamment entretenu par une stratégie du mystère et de la névrose. En qualité de créateurs de «L'Instant mag», nous sommes lucides face à cet aspect manipulateur. Même si nous le trouvons poussé à l'extrême. Nous rendons hommage à son talent, à la profondeur de son uvre et à son charisme. Et par la qualité de sa réalisation, «L'Instant mag» n'en est-il pas la plus belle illustration ?»
Nombre d'artistes ne dédaigneraient pas une telle ferveur. Mylène Farmer, elle, n'a pas souhaité l'encourager. Cependant, la chanteuse ne met aucun frein au dévouement de ses admirateurs. La vendeuse aux disques de diamant a trouvé là une singulière façon d'entretenir le rêve et de faire vivre son mythe.
Daniel Beaucourt
Les objets (et les deniers) du culte
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Statuettes, coffrets ou disques promo interdits à la vente... tout est matière à collection chez les fans de mylène Farmer. Tout a un prix, mais là encore, la rousse de «L'Âme Stram Gram» laisse libre cours aux marchands du temple...
- Le 45 tours «Libertine», pochette Mylène en robe rouge peut atteindre environ 800 F.
- Le «picture disc» de «Beyond my control» estimé à plus de 8000 F.
- Le carnet-coffret de voyage «Innamoramento» édité à 3000 exemplaires est actuellement estimé à 750 F.
- L'enveloppe blanche et scellée du single «Optimistique-moi» est cotée à 1200 F.
- Réplique de la statue du «Mylenium Tour» (30 centimètres) éditée à 200 exemplaires : de 2000 F à 8000 F.
- La réplique de la poupée de «Sans contrefaçon» tirée à 50 exemplaires peut atteindre aujourd'hui 20000 F.
Une photo dédicacée ?
Armez-vous de patience et tentez votre chance en adressant votre demande auprès de sa maison de disques C/O Polydor, 22, rue des Fossés Saint-Jacques, 75235 Paris Cedex 05.
La galaxie Mylène Farmer
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Mylène Farmer magazine
Trimestriel. Prix : 25 F ou 3,81 €. En kiosque (depuis 1998) et sur abonnement (Wolf productions, BP 1081, 78203 Mantes Cedex ou www.mfmag.net). Lectorat : de 12 à 40 ans. Créé en 1993, compte à ce jour environ 5000 abonnés et approximativement 40000 lecteurs.
Evénements
«The darkness party», une nuit entière dédiée à Mylène, le 16 février 2002 (renseignements : Omega, 150, rue Legendre, 75017 Paris et www.omega-edts.com),
Un voyage à New York prévu pour août 2002 avec pour but de faire découvrir une des villes préférées de Mylène et pour que les fans se rencontrent entre eux.
Un hors-série avec poster, calendrier et affiche, en vente du 1er au 31 décembre.
L'Instant mag
Trimestriel. Prix : 39 F ou 5,95 €. Vente en kiosque (depuis cette année) et sur abonnement (L'Instant mag, BP 150, 93501 Pantin cedex ou www.instant-mag.com). Créé en janvier 2000, ce magazine compterait aujourd'hui 7000 abonnés et 30000 lecteurs. Issu de toutes les catégories socioprofessionnelles, «à l'image du public de Mylène Farmer», le lectorat est compris dans une fourchette de 15 à 35 ans. Signe particulier : aucune couverture ne montre le visage de Mylène. Elle apparaît de dos, de profil mais jamais de face. Les photos sont, pour la plupart, rares ou inédites, mais elles ont toujours l'assentiment de Mylène.
Evénements
«Mylène Farmer en Cinémascope», le 29 septembre, au cinéma Max Linder, à Paris. Projection de tous les clips et des deux derniers concerts sur l'un des plus beaux écrans parisiens, de 0.30 à l'aube. Sans publicité, affiche déjà complet !
Le prochain nº de «L'Instant mag» sera en kiosque dès le 15 septembre.
Mylène Farmer international fan club.
Contrairement à ce que laisse supposer le nom de cette revue, il ne s'agit pas d'un fan-club officiel. S'il existe bien de tels clubs en Italie, en Grèce, en Suisse, en Belgique et jusqu'en Ukraine, aucun n'est accrédité en France. Le 30e et ultime numéro, paru au printemps, existe en deux versions (argent et or). Chaque exemplaire est numéroté ! MFIFC, BP 314, 75723 Paris Cedex 15 ou sur le net : www.mfifc.com
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